Salta et sa région

Publié le par Charly

Salta c'est cette ville plantée au milieu de montagnes extraordinaires. On ne comprend pas toujours pourquoi certains voyageurs y restent accrochés parfois plus de 10 jours. Le confort, la fête, l'alcool, le monde a ses constantes. Son marché "artisanal" rassemble plus d'une dizaine de boutiques un peu plus luxueuses misent les unes à coté des autres. Mêmele marché aux fruits et légumes parait trop ordonné.

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Il y a pourtant une colline donnant une vue explicite sur la direction où aller. Tout autour dans la brume apparaissent les montagnes.

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Notons quand même le musée M.A.M dans lequel il est possible d'observer des momies Incas dans un état de conservation presque parfait. En passant leur temps aux sommets de hautes montagnes, elle ont bénéficié d'une basse pression de l'air et d'une température très basse, deux éléments qui amènent à nous des momies pratiquement intactes. J'oubliais aussi les chiens dégueux qu'on peut rencontrer au détour des coins de rue, mais ca c'est plutôt toute l'Amérique du sud (ici ils ne mangent pas les chiens et c'est bien dommage).

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Après quelques jours, il était donc temps de partir de cette ville pour m'enfoncer un peu plus dans la nature. Nous sommes partis pour Pumamarca avec cette Allemande rencontrée précédemment, Julia de son prénom (prononcé rulia en espagnol). Nous rencontrons une suisse, Nora, et il s'est avéré qu'elles étaient définitivement trop filles pour voyager avec moi. Le petit village de Pumamarca est planté au pied d'une montagne aux 7 couleurs (on apprendra par la suite que ces couleurs se retrouvent à peu prés partout dans la région mais qu'elles sont connues ici et donc touristiques...). Ce fut quand même assez beau. Au milieu de montagnes bleutées, cette protubérance rouge ocre de 600m de long et de 300 m de haut fait son effet.

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On arrive ici dans une région très sèche. Un univers plein de cactus qui fait penser à une certaine BD du Marsupilami (dédicace).

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Le soir nous découvrons la musique local avec des instruments comme la flûte de pan et une sorte de tambour faisant office de percussion, tout en dégustant des spécialités locales comme l'empanadas de Lama (un délice lorsque la viande est fraîche).

 

Un dernier stop à Humahuaca pour la préparation d'un trek dans les villages environnants. Cette ville rassemble beaucoup de Hippies vivant de leur artisanats. Je logeais dans une auberge tenu par une femme de 25 ans qui n'avait plus toutes ses dents. Ici les problèmes dentaires sont courants. Peut être est ce à cause de la coca. J'y rencontre pas mal de voyageurs Argentins avec qui je partage une fois de plus le maté. Le village de Humahuaca est connu pour son église. Celle ci possède une cavité sur la paroi fermée par deux battants métalliques verts et chaque jour un peu avant midi les battants s'ouvrent pour dévoiler un saint mécanique. Celui ci fait alors coucou à la foule de touristes rassemblait pour cet événement. La scène dure 5 minutes en musique. Lorsqu'on voit ce rassemblement de personnes attendre avidement l'événement et qu'il n'y a qu'un pantin bougeant les deux bras, on est forcément un peu déçu. Voila la photo de l'église avec les battants fermés. Pour voir le saint il faudra venir ici.

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C'est dans cette ville que je rencontre Edwige (une des personnes du trek de Los Penitentes), comme quoi les voyagent se croisent. J'attends patiemment Joachim (une personne que j'ai rencontrée au Vietnam et à Singapour) autour d'un maté et d'un bon bouquin.

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Ensemble nous allons tenter un trek autour d'un petit village du nom d'Iruya. Celui ci est accessible en bus. Edwige nus conforte quand à la faisabilité de notre entreprise.

 

Nous partons en bus à 18h00 pour Iruya. C'est le début d'une semaine de balade entre les villages de la région. Après une petite branche goudronnée, nous empruntons un chemin de terre et de caillasse sur lequel la vitesse ne doit pas dépasser les 20 km/h. Le bus nous transporte pendant 3h en passant un col a 4000m faisant siffler les oreilles des voyageurs imprudents comme moi ayant un fâcheux rhume à cet instant. Nous arrivons à Iruya à 21h00. La nuit est déjà tombée, il fait très froid, et nous montons difficilement les rues de la ville située à flan de montagne. Le lendemain nous nous préparons à la marche en laissant des affaires chez Asunta et en emportant uniquement le nécessaire. En partant et sous la douce chaleur du soleil la ville est plus accueillante. Des petites ruelles pavés.

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Nous partons le premier jour pour le village de San Isidro. Perché un peu plus loin dans les montagnes, il y a quand même une route pour s'y rendre. L'indication pour ne pas se perdre était simple: suivez les lignes électriques. Nous partons dans un décor qui promettait d'être coloré.

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Toujours avec mon compagnon à la moustache et son look d'enfer.

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Nous arrivons deux heures plus tard dans le village voulu. Accueilli de façon royal par Theresa, un femme qui tient une auberge. Elle nous sert des empanadas délicieux et nous loge pour une bouchée de pain. Un peu plus haut nous voyons des Gauchos domptant les taureaux pour les marquer au fer chaud.

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Et malgré des toilettes un peu rustiques,

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nous passons une bonne nuit emmitouflés dans nos vêtements, le duvet, et les quelques couvertures de l'auberge.

 

Le jour suivant nous partons pour le village de San juan. Celui ci n'est accessible que par des chemins. La bas l'électricité n'existe que grâce aux panneaux solaires et il est évidement impossible de s'y rendre en voiture. Le village est situé dans la vallée suivante. Il nous faut marcher jusqu'à un "plano" une peu plus haut pour redescendre derrière sur le village. Heureusement nous sommes guidés par un local et son cheval.

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Les paysages rencontrés sur le plano sont assez spéciaux. Il y a une composition de quebradas sans doute formées par le vent et la pluie.

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Le soir nous logeons dans une petite auberge chez Jasinta et Hugo après 5h de marche. C'est tout une petite famille qui habite ici. Comme il n'y a que le chemin pour arriver jusque là, ils doivent vivre dans une autonomie presque complète. Ils cultivent des champs de mais non loin pour faire du pain.

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Ils élèvent des bêtes (vaches et chèvres) dans le village pour la viande et le fromage. Lorsqu'ils tuent une bêtes ils salent les différents morceaux puis ils les font sécher au soleil.

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Ainsi la viande se conserve pendant une longue durée. Ils cultivent aussi la pomme de terre et ils achètent le complément à Iruya. Il y a une école dans le village mais le maestro était alors malade. Et comme ils manquent cruellement de professeurs pour ce genre de village, c'est une ou deux semaine sans aller à l'école. Nous écoutons les histoires de l'Argentin de Patagonie et de sa ferme autonome autour d'un délicieux repas montagnard préparé par Jasinta.

 

Après encore une nuit extrêmement froide, nous buvons le maté avec Joachim en attendant avidement le levé du soleil. C'est un de mes moments préférés. Cette boisson chaude et énergisante en se laissant doucement réchauffer par les premiers rayons du soleil après une nuit glacial. Le bonheur est parfois si simple. Rien de tel que pour débuter une longue journée de marche

 

Le troisième jour nous montons à Chiyayoc. Pour cela nous descendons la quebrada le long d'une rivière. Rivière qui grossi au fur et à mesure de notre avancée et qui parfois se révèle difficile à traverser pour les personnes dont les jambes ne sont pas assez longues.

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Après quelques sessions d'escalades,

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nous trouvons enfin le passage nous permettant de remonter la vallée menant jusqu'à notre village. Nous avons alors une des plus belles vues de notre trekking. La montagne d'en face révèlent toutes ses couleurs sous les rayons de 15h.

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Nous arrivons dans le village après 7h de marche. Le problème était alors qu'il n'y avait ni auberge ni kioscos pour acheter de la nourriture (les informations que nous avions reçu a San Juan étaient erronées). Le maestro nous invite à passer la nuit dans l'école. Nous avons de la chance, il y a deux lits. Nous achetons des tortillas (sorte de pain bourré d'huile) à une dame du village et nous partageons le repas du professeur. Sa vie est hallucinante. Il habite à 400km de là et il a donc 11h de trajet pour venir de chez lui jusqu'au village (marche comprise). Il passe deux semaine au village puis il retourne pour 4 jours chez lui et rebelotte. Au final il est 4 jours par mois chez lui. Nous nous couchons de bonheur avec tous les habits et les affaires chaudes que nous avons pour nous protéger contre le froid. Nous sommes au top!

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La quatrième journée nous repartons dans l'autre sens pour San Juan en repassant cette fois par le plano du 2ème jour. Nous croisons quelques troupeaux de brebis et les bergères les réunissant par de longs jets de pierres.

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Après une nuit à San Juan nous projetons l'ascension du punto del Dablo, un sommet culminant à 4850m. Cela va être notre journée la plus difficile. 8h de marche à des hauteurs où l'oxygène se fait plus rare. Nous montons d'abord un col à 4000m puis nous suivons une arrête de la montange menant jusqu'au sommet.

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Après quelques heures de montée qui se finissent par l'escalade de la montange et des chemins quisse font inexistant. Nous arrivons enfin au sommet et nous découvrons un "grand plat" derierre.

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Nous traversons ce grand champs d'altitude à petit pas car le manque d'oxygène nous force au repos. Et nous redescendonpar l'autre coté. La descente présente les mêmes symptomes que la montée. Des chemins qui apparaissent et disparaissent. Ils faut encore trouver son passage. Nous descendons un grand pierrier en "skiant", sensation trèsagréable alors que le climat est plutôt sec. Puis le lit d'un premier cours d'eau et enfin le long de la rivière se sitiuant au fond de la vallée. Cette dernière va nous ramener à San Juanque nous atteigons au soleil couchant.

 

 Le dernier jour nous rentrons sur Iruya en passant par San Isidro. A l'image des jours précedents, on loupe plus ou moins le chemin. et nous descendons encore la montagnes à flanc en suivant les chemins créés par vaches. Un dernier passage chez Thérésa pour déjeuner et nous rentrons à Humahuaca aprèsune nuit et une milasena dans le petit village d'Iruya. C'est la fin d'une belle marche dans ces montagnes colorées!

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Publié dans Argentine

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Georges Thooris 23/06/2010 22:52


superbe Charlie; j'ai un peu de retard dans le suivi du blog mais je m'empresse de ratrapper. Merci pour les photos aussi, ça donne vraiment envie
Grosses bises du DAD


Maxouille 21/06/2010 15:16


Stylé ton pote. Presque autant que votre trek. Décidément, tu te fais plaiz', l'ami.
Mais dis-moi, tu parles espagnol maintenant ? Comment tu te débrouilles "chez l'habitant" ?


mev 17/06/2010 02:34


ce qu'en dit chérie... ben il envoie du lourd le charlie quoi!!
muak muak


Erwan PIERRE 17/06/2010 01:26


Putain j'essaie de me faire la meme moustache mais j'avoue je galere... Bon sinon je trouve le lapsus "Edwidge nus" complètement sympa, en tout ka ça en dit long sur ton voyage...


grellier geneviève 15/06/2010 07:15


quellle belle montagne à vaches...ou à lamas ? Je suis impressionnée ! ENFONCÉS sALERS ET LES MONTS DU CANTAL Tu me fait rêver et tu engrange des souvenir inoubliables...pour raconter à tes petits
enfants quand tu sera vieux. Mamie.