Le trek salvateur de Los Penitentes

Publié le par Charly

Le mal du pays, voilà, je l'ai eu. En arrivant en Amerique du sud sans guide, sans plan, après avoir tout juste quittè les potos en Australie, je me retrouve seul dans ce nouveau monde sans en savoir son fonctionnement. Je dois me réinventer une façon de voyager. Un mélange de cela et de beaucoup d'autres facteurs m'ont vraiment atteint. Du coup les questions affluent. Qu'est ce que je fous là? Est ce que je vais avoir la force de tenir jusqu'au bout? L'impression que ces quelques mois qu'il me reste à faire vont demander trop d'efforts pour un seul grain de poussiére dans ce monde où l'intérèt personnel est souvent plus fort que l'intérèt de l'autre. Je pense que cela arrive au moins une fois à un voyageur en solo sur un an. On a beau dire que c'est normal, il est toujours difficile de se le prendre sur le coin de la figure.

 

Du coup j'ai du aller voir les montagnes pour avoir plus d'espace. A la frontière entre le Chili et l'Argentinese trouve la plus haute montagne de l'Amerique: l'Aconcagua (6959 m). J'ai pris un bus depuis Santiago et zou direction les sommets! En Chili comme en Argentine, le bus est trop cher. Ils sont remplis au quart et l'espace ne manque pas comme certains bus d'Asie (nostalgie). Du coup on doit payer 3 ou 4 fois le prix rèel du trajet. Je rencontre un couple de francais dans le bus, Kathy et Manu, qui ont dans l'idèe de trekker dans le coin. On se pose 2 nuits à Puente del Inca pour préparer la marche. C'est un village ressemblant aux villes des films de western dans laquelle nous dormons dans la seul auberge "bon marché"  (un tarif excessif pour la qualité du lit, c'est ca le monopole). Au programme 3 jours et 2 nuits dans la montagne pour gravir un sommet à 4300 métres: Los Penitentes. Achats de provisions, prise de renseignement, emprunts de quelques couettes (il fait froid la haut, ici l'hiver approche a grands pas), ajout d'une dernière coèquipière Edwige (encore une francaise!!!), et c'est parti! Nous nous èlancons sur le chemin des étoiles. La petite traversé d'un pont pourri nous donjne la frontière entre la route et la nature.

 

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Après 3-4 heures de montèe nous arrivons au premier refuge.

 

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C'est en fait une cabane de 4 mètres carrè faite de pierres et plantèe au milieu de la montagne. 5 minutes de rèflexion letemps de se demander si on ne s'est pas trompè... Nous passons une soirèe avec deux argentins porteurs à l'Aconcagua. Qui dit Argentin dit matè. Le matè est la boisson nationale du pays. On les reconnait même à l'étranger grâce à cela. C'est une sorte d'infusion d'herbe dans une calebasse creuse que l'on se fait passer de l'un à l'autre. Pour le boire il faut respecter tout un processus. La calebasse doit repasser par celui qui fait le matè pour qu'il la remplisse de nouveau. Lorsqu'il la donne il doit le faire en pointant la pipette du cotè du receveur. Si une personne remercie en rendant la calebasse c'est qu'elle en a assez bu. Le maté est un partage pour l'Argentin, il serait malheureux de refuser de le boire avec lui. De plus cette boisson à un pouvoir excitant très fort. Nous avons passè une soirèe autour d'un feu de camp à boire cette cafèine concentrèe. Du coup le froid, le matè, les vrais montagnards (qui partent à 5 heures du matin, cela n'a pas été facile de dormir. Nous nous rèveillons avec de petits yeux...

 

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Le deuxième jour est le grand jour. L'ascention du sommet à 4300 mètres. On ressent déjà l'altitude à 3300 mètres (hauteur du refuge) et au fur et à mesure que nous montons les pas se font de plus en plus petits et le coeur s'emballe sur les pentes un peu plus ardues. Kathy nous abandonne à mi-chemin pour cause de vertiges. Nous evoluons en effet sur des crétes nous conduisant au sommet et les flancs sont encaissés. quatre fois nous pensons le sommet tout proche et quatre fois la montagne se joue de nous avant d'atteindre un plateau aux allures de décors martiens nous menant au sommet! La vue est exceptionnelle, un panorama à 360 degrés. D'un coté nous voyont l'imposant Aconcagua et tout autour des couleurs allant du rouge ocres, au bleu en passant par le vert et le blanc. La montagne nous révéle ses plus belles couleurs sous un soleil de plomb. En plus d'être jolie, elle est très désertique. La seul flore rencontrée sont des buissons hauts de 30 centimètres et des plantes évoluant au raz du sol semblant chercher l'eau très profond dans le sol en ayant le moins de surface exposée au soleil. Cette partie de la montagne est assez aride et faite de pas mal de roches et de pierriers. Nous contemplons la vue avec la tête qui tourne un peu, comme saoul de la marche que nous venons d'effectuer et de l'immensité du paysage que nous surplombons. Le retour au camp de base se fait avec difficulté pour moi (je me retrouve tout blanc). Un dernier salut aux condors à notre arrivèe et déjà la nuit vient nous saisir avec son froid nous piquant jusqu'à l'os. Une deuxiéme nuit un peu plus longue que la première dans ce magnifique refuge moins grand qu'une demi chambre à Supaero et nous quittons ce lieux avec de belles images mais un corps qui réclame une place chaude et quelques heures de sommeil.

 

Nous quittons Puente del Inca pour Upsallata aprés nous être fait arnaqué dans une petite brasserie (il parait que les Européens sont tous trés riches nous disait une argentine qui possédait une voiture de sport garée juste devant chez elle, Salo...). Nous louons une cabana pour 4 personnes dans cette nouvelle ville. Détente pendant 2 nuits en goutant le bife de chorizo au barbecue. Aprés avoir gouté cette merveille, je peux dire que les Argentin sont les spécialistes de la viande rouge! Cette pièce de viande vient du dos de la vache et elle font comme un morceau de beurre dans la bouche. La petite photo pour faire saliver.

 

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Une maisonette, un barbecue à l'exterieur avec les couleurs d'automne sur les arbres, on se croirait presque à la maison. Premier trekking effectué en Amérique du sud et maintenant direction Cordoba plus à l'intérieur du pays pour plus d'aventures!!!

 

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mev 11/05/2010 18:11


Hola Carlito!!
Estoy super celosa de ti... Tienes mucha suerte...
En Londres hace mucho frio, y te echamos mucho de menos con Nico...
Hoy he mirado todas las fotos de Australia, que risa!
Un besito enorme guapito!


DAD 10/05/2010 21:26


je sais que la deprime est un peu passee. Mais pour la chasser completement le meilleur remede consiste a se projeter d'un an ou plus et imaginer les souvenirs fabuleux que ce tour du monde
laissera !!
en tout cas si j'avais le temps (certainement plus tard) j'aimerais etre a la bas
NB j'ai un peu de mal a faire des citations philo comme ta soeur, chacun son truc..

The DAD


DAD 09/05/2010 09:05


ah le spleen ! cela devait arriver, c est meme un peu tard
mais c est inevitable. alors quelques nouvelles de france. le spectacle de Cats fut un vrai succes tres applaudi. la core, les costumes, la justesse des chants et bien sur les superbes decors de
ton frangin ont ete vivement salues par le tout ML
Pqr coincidence, nous avons vu de tres belles images du nord chili ds l emission paris peking, c est sublime et on est un peu jaloux quand meme, rien n est parfait

je te souhaite un regain de peche, c est peut etre l altitude qui fait son effet.
mais le plus important c est la bouffe et visiblement le boeuf argentin est un regal..

des tres tres grosses bises du DAD


Maxouille 07/05/2010 17:22


Ok. Là je suis vraiment jaloux...


la soeur 07/05/2010 13:51


"Il passa ensuite lentement ses deux mains sur son visage (comme s'il en découvrait les aspérités en aveugle ou voulait s'assurer qu'il ne disparaîtrait pas) :
- La monotonie n'existe pas. Elle n'est qu'un symptôme de la fatigue. Le divers, n'importe qui peut le rencontrer à chacun de ses pas, pour peu qu'il en ait la force et l'acuité. Ainsi parlait
Lerdoan, non ? C'est ça que j'ai découvert. D'une certaine façon, l'effort physique, la tension des fibres face au vent, rend possible cette force, même si elle reste essentiellement mentale -
sentimentale.
Ce qui a changé en moi, Lerdoan, c'est que je suis devenu actif. Lorsque rien ne vient plus te nourrir passivement, puisque chaque pas coûte, exige de toi,il faut lever la tête, ouvrir grandes tes
narines, capter chaque nuance de vert sur la prairie monochrome,sentir comment se faufiler entre les nappes ! Puisque les rencontres sont rares, il faut orpailler la richesse chez ceux qu'on côtoie
tous les jours - même si ce ne sont que des traîne-cages comme Larco..."
La horde du Contrevent, Alain Damasio, c'est un bouquin extraordinaire, de la Science fiction comme façon d'expliquer mieux notre monde.
Je te le met de côté pour août.
Baisers